Le voleur de brosses à dents – Eglantine Eméyé

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4 ème de couverture :

 » Un jour, j’en ai eu assez. Mille fois, j’en ai eu assez. Assez de toi, Samy, assez de tous qui ne comprennent rien, de la société qui ne fait rien. Assez.
Et puis mille fois, j’ai espéré, mille fois, j’ai ri et pleuré avec toi, mille fois, je t’ai serré dans mes bras.
Alors j’ai écrit ce livre pour toi, mon petit bonhomme si différent, pour moi, et pour ton frère, afin qu’il n’oublie pas tous ces fous rires qui émaillent notre drôle de vie aussi.
J’ai écrit ce livre pour toutes ces familles dont personne ne voit le désarroi, pour témoigner de notre quotidien durant ces dix ans, déjà.
J’ai écrit ce livre en n’épargnant personne parce que personne ne nous épargne.
C’est l’histoire de notre combat, c’est l’histoire de notre amour. Un amour que j’ai cru à sens unique. Tu me prouves aujourd’hui le contraire. « 

Mon avis :

Âmes sensibles, s’abstenir. J’ai voulu lire ce livre car j’ai vu Églantine Eméyé en interview à la télévision. Elle m’a touchée. Sa fragilité m’avait bouleversée.

Il s’agit d’un récit sur le handicap, du récit de la vie d’Eglantine avec son petit garçon différent, de son combat, de son amour, de ses défaites, de ses rires, de ses résignations et de tant d’autres choses… il faut avoir le cœur bien accroché pour ne pas avoir envie de pleurer parfois, de hurler à d’autres avec Samy.

Un récit fort, émouvant, ouvrant les yeux sur les failles du système qui laisse à l’abandon des milliers de famille face à leurs enfants parfois ingérables. Elle dénonce ces failles. Avec humour parfois, agacement et énervement à d’autres mais toujours avec la même lucidité. Un témoignage nécessaire.

Dans son récit, pas de faux semblants, vous ne serez pas épargnés par les détails et de toute façon, est-ce que quelqu’un l’a épargnée elle ? Non. Elle raconte sa rencontre avec son Samy, son 2 ème bébé. Son inquiétude qui est négligée. Son combat pour que son enfant soit examiné. Sa culpabilité de ne pas en faire assez, d’avoir envie parfois de décrocher… son parcours du combattant pour trouver une méthode de développement adaptée au mieux à son enfant.

Elle raconte les blessures physiques et puis celles qu’on ne voit pas, les blessures du cœur. Elle raconte le regard des autres, ceux qui jugent sans savoir, ceux qui détournent les yeux pour ne pas voir mais également ceux qui tendent la main, la font sourire, rire et la soulagent.

La lecture est fluide car les chapitres sont relativement courts. Chacun à son petit titre riche de sens. Son petit clin d’œil.

En tout intimité. Églantine Eméyé nous invite dans son quotidien bouleversé de maman d’enfant polyhandicapé. Accompagnée par sa famille, sans oublier son fils aîné Marco qu’elle tente de protéger sans le frustrer. Les mots sonnent terriblement justes et m’ont happée.

C’est authentique. C’est sincère. Amour, colère, rires, pleurs, tendresse, humour, violence, découragement… C’est un cri de rage, un cri d’amour pour Samy. Son Samy.

 » Un cri. Sourd, inaudible. Un cri du ventre, du cœur, le mien. Il n’est jamais sorti, il est là, en moi, prêt à surgir. Il m’étouffe parfois, s’assoupit de temps en temps. »

 » J’ai un bout de cœur à Hyères

Un bout à Paris

Je vais vers l’un

Je reviens vers l’autre

Marco qui rit

J’aurai toujours mal à mon Samy. »

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