Meurtre pour rédemption – Karine Giébel

9782266180740

4ème de couverture :

Marianne, vingt ans. Les miradors comme unique perspective, les barreaux pour seul horizon. Perpétuité pour cette meurtrière. Une vie entière à écouter les grilles s’ouvrir puis se refermer. Indomptable, incapable de maîtriser la violence qui est en elle, Marianne refuse de se soumettre, de se laisser briser par l’univers carcéral sans pitié où elle affronte la haine, les coups, les humiliations. Aucun espoir de fuir cet enfer. Ou seulement dans ses rêves les plus fous. Elle qui s’évade parfois, grâce à la drogue, aux livres, au bruit des trains. Grâce à l’amitié et à la passion qui l’atteignent en plein cœur de l’enfermement. Pourtant, un jour, l’inimaginable se produit. Une porte s’ouvre. On lui propose une libération… conditionnelle.  » La liberté Marianne, tu dois en rêver chaque jour, chaque minute, non ?  » Oui. Mais le prix à payer est terrifiant. Pour elle qui n’aspire qu’à la rédemption…

 

Mon avis :

Ce livre c’est Marianne. Avant tout.
Et puis des clopes, des réveils, du karaté, de la torture, l’Eglise verte, un marché, Steinbeck, La drogue, des yeux noirs, l’amour, des sacrifices, la liberté, des tortures sans nom, des yeux bleus, des morts, des menottes, des douches et des bains, des meurtres, une trahison, l’amitié, des yeux verts, des cachots. Des trains. Encore des trains. Toujours des trains.

Un livre violent.
Percutant.
Destructeur.
Envahissant.

Marianne. Meurtrière.
Elle a pris perpet.
Sombre. Violente. Implacable.
Un Monstre.
A laquelle on ne pense pas pouvoir s’attacher.
Mais qui s’insinue dans votre quotidien.
Elle subit le pire, au delà de ce que les mots peuvent exprimer.
Malmenée par la vie. Malmenée à l’envie.
Et puis un marché. Offert par 3 hommes.
Quel est l’enjeu ?
Va-t-elle vivre ? Libre ? Mais à quel prix ? Pourquoi ?
Et tous ses bourreaux, payeront-ils ?
Quand ? Comment ?…

Marianne. Qui se protège.
Parfois à n’importe quel prix.
Marianne. Que je voulais rejeter.
Mais à laquelle je me suis attachée.
Marianne. Qui subit l’horreur.
Qui fait subir l’horreur.
Tantôt victime.
Tantôt bourreau.
Que je pensais ne pas aimer.
Et à qui j’ai voulu tout pardonner…

Et la prison.
Son univers hostile.
Sa loi du plus fort.
Ses sacrifices.
Ses violences.
Ses horreurs.

Et puis ces petites étincelles d’espoir et de vie. Doucement instillées.

Daniel. Et ses yeux bleus.
Le Chef.
Qu’on essaye de comprendre.
Auquel j’ai TOUT pardonné.

Justine.
La gardienne humaine dans ce monde tellement inhumain.

Solange. La Marquise.
La gardienne sadique.

VM.
La détenue qui effraye les autres.

Emmanuelle, le Fantôme.
La codétenue brisée et apeurée.

Giovanna. La Hyène.
La détenue qui se prend pour la reine de la prison.

Franck.
Et ses yeux verts.
Et sa part de folie.

Laurent et Philippe.
Pris dans l’engrenage infernal.

Et une écriture percutante. Avec des phrases courtes.
Des flashbacks dans le passé.
Des évènements qui s’enchainent. Qui ne laissent pas de répit. Une première partie forte. Violente. Parfois insoutenable. Dans l’enfer de la prison avec Marianne. Que j’ai lu comme en apnée. En oubliant de respirer. Parfois de manger en me disant « mais Marianne, elle ne mange pas à sa faim ». En ayant un sommeil agité mais en me disant « Marianne n’a pas de lit aussi confortable ». Marianne. Encore et toujours.
Une deuxième partie un peu plus « calme », avec certains passages qui m’ont parfois parus inutiles.
Et cette fin. Qui ne pouvait pas être autre mais m’a tout de même touchée en plein cœur.

Cette lecture fut difficile. Intense. Bouleversante. Traumatisante. Éprouvante. Et j’en passe.
Marianne restera à jamais gravée en moi.
Marianne sera à perpet dans mon âme. Un coup au cœur.

« Oubliée du dehors, Marianne. Enterrée vivante. Effacée de la société. Gommée à jamais. Déjà morte. Peine capitale à petit feu. »

« Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons » Dostoïevski

« Comment pouvait-on avoir envie de ressembler à ça? A cette fille éprise de violence et mariée au désespoir ? A ce désert d’amour ? A cette ombre au passé infernal et à l’avenir inexistant ? »

« Que mes enfants me pardonnent un jour. Que tous ceux qui m’aiment me pardonnent. Je suis coupable d’avoir aimé une femme. D’avoir aimé tout d’elle. Son rire, ses pleurs, son sourire, ses yeux. Sa force, sa fierté, sa folie. Se mains de criminelle. Oui, je suis coupable de ça. Et de rien d’autre. Non, rien d’autre. J’ai connu un bonheur que beaucoup ignorent. J’ai eu cette chance, je n’ai aucun regret. Mais ne jamais la revoir, l’idée m’est insupportable. Si l’enfer existe ailleurs qu’ici, je l’y attendrai »

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